|
La veuve noire
Latrodectus mactans
Répartition La veuve noire est présente dans les régions chaudes de la planète : les déserts du sud-ouest des États-Unis, mais aussi du Mexique et du Panama. Elle vit sous une pierre, un rebord de fenêtre ou une plante. Espèces prochesLes veuves ont toutes des pinces à l’extrémité de leurs pattes velues. Parmi les espèces proches, on trouve la veuve brune (Latrodectus geometricus), la veuve rouge nord-américaine (L. bishopi), la veuve du Nord (L. variolus), la malmignatte ou veuve noire européenne (L. mactans tredecimguttatus) et la veuve noire de l’Ouest (L. hesperus). L’araignée à dos rouge australienne (L. mactans hasselti) est une cousine proche.
Cette araignée minuscule est une tueuse. Avec son corps tout de noir vêtu et ses crochets à venin, elle devient le bourreau des insectes englués dans sa toile. Solitaire, elle passe la majorité de sa vie à attendre que ses victimes se prennent au piège de ses fils. Seule la femelle, qui possède sur l’abdomen une tache rouge caractéristique en forme de huit, est venimeuse. Le mâle, que l’on voit rarement, est de plus petite taille mais ses pattes sont plus longues ; il porte des taches rouges et jaunes sur les côtés.
Tisseuse de fils mortels veuve noire tisse une toile d’environ 30 cm de diamètre qui a la forme d’un entonnoir. Elle la construit généralement près du sol, dans l’obscurité, à la base d’un buisson ou au centre d’un tas de déchets. Lorsqu’il fait plus froid, elle préfère l’installer dans une grange ou une cabane. La femelle quitte rarement son abri et s’accroche aux fils, le ventre tourné vers le haut. Comme beaucoup d’araignées, sa vision est peu développée. Ce sont ses trichobothries, sortes de poils situés sur ses pattes, qui détectent les vibrations émises par les fils lorsqu’une proie se retrouve prisonnière. Pour se protéger ou défendre ses œufs, la veuve noire mord celui qui la touche. Mais son venin, même s’il est très puissant, tue rarement un humain, car l’araignée n’injecte qu’une toute petite dose. Le poison peut causer des douleurs abdominales semblables à celles d’une crise d’appendicite, mais aussi des spasmes musculaires ou des difficultés respiratoires
250 œufs par sac Lorsque le mâle a trouvé une femelle consentante, il introduit le bulbe génital, qui se trouve sur ses pédipalpes, dans l’orifice de la femelle et laisse échapper son sperme. La femelle pond ensuite plusieurs sacs, pouvant contenir chacun jusqu’à 250 œufs, qu’elle protège farouchement. Ces sacs faits de fils de soie ont une texture semblable à celle du papier. D’une couleur variant du blanc au marron, ils sont accrochés dans la toile. Un à douze petits seulement survivent, car ils se mangent entre eux. À la naissance, ils ont une couleur jaunâtre. Leur peau noircit et ils développent leurs taches de couleur à chaque mue de l’exosquelette (leur enveloppe extérieure) jusqu’à ce qu’ils parviennent à l’âge adulte.
Une injection mortelle La veuve noire se nourrit des insectes qui se prennent dans sa toile tissée sur trois niveaux : blattes, criquets, scarabées, mouches et papillons de nuit. Une fois sa victime prisonnière, l’araignée inocule son venin par différents petits trous qu’elle perce dans le corps de l’insecte. Le poison agit en une à deux heures. L’araignée en profite pour se reposer. Elle injecte ensuite des sucs digestifs dans le corps de sa victime avant d’en aspirer le contenu. La veuve noire peut aussi se nourrir d’autres araignées, de mille-pattes, voire de scorpions dans les pays chauds. Dans ce cas, elle évite la lumière du jour et préfère chasser ses proies pendant la nuit.
|
|
|
|